Perquisition chez monsieur et madame D

Dans la nuit du jeudi 25/11/2015 au vendredi 26/11/2015

Monsieur D (le nom est changé par respect de l’anonymat) est une personne bien intégrée avec une vie sociale et associative riche. Il connaît tous les représentants des pouvoirs publics qui ne disent que de bonnes choses sur lui.

"La Brigade est venue d’ Amiens et d’autres, je connais bien le commissariat et le commandant est choqué de ce qui nous est arrivé."

"Le maire a envoyé un courrier au préfet pour réclamer des explications ; car il savait que j’allais me faire perquisitionné mais pas que ça allait se passer comme ça sinon il serait intervenu pour faire obstacle à cette procédure injustifiée. Le préfet s’est gardé de dire le motif."

L’assistante sociale lui a dit que les enfants devaient absolument être suivi par un psy car ils doivent être choqués vu ce qui est arrivé cette nuit là.

Ce sont des gens pauvres, il est à la retraite. Il est handicapé à 80% et à des problèmes de vues.

Récit :

vers deux heures du matin j’entends un grand boum sur la porte 6 hommes 3 de chaque côté tenaient un bélier avec lequel ils ont défoncé ma porte. Il y avait ma femme et mes fils avec moi, ma fille qui dormait.

Dès qu’ils sont entrés ils ont dit mains derrière la tête puis ils m’ont fait une balayette et je me suis retrouvé plaqué contre le sol par 4 agents sur moi le visage face au sol. Avec les genoux d’une personne sur mon dos. Je me tordais de douleurs j’ai fait une opération du dos, ils m’ont fait très mal en me mettant les bras derrière le dos et en appuyant dessus.

Je leur ai dit : “J’ai mal , je suis handicapé, je suis invalide, je suis un retraité

Là un d’entre eux m’attrape par les cheveux et me cogne violemment la tête sur le sol en disant “ tais-toi” il m’a cassé les 4 dents du bas.

J’entends les hurlements de ma famille et ma femme a subi le même sort ils se sont mis à plusieurs sur elle. Elle était terrifiée elle leur a dit :” ne me faite pas de mal.” Je l’entendais hurler de peur. Nous ne pouvions rien faire pour nous nous pensions que c’était notre dernier jour.

Ils ont fait pareils à mes deux fils on était tous plaqués au sol avec plusieurs personnes sur nous ventre au sol et ils nous ont tous braqués avec des armes modernes très sophistiqués. Puis ils nous ont relevés j’ai vu des dizaines d’agents sur les paliers et encore dans l’entrée.

Ils nous ont ordonné de s’assoir, puis ils nous ont braqués avec leurs armes, même dans le dos .

Je leur ai dit :

  • “ qu’est-ce que vous cherchez ?”
  • Les agents me répondent "de la drogue, des armes”.
  • Ils regardaient dans les placards je leur ai dit :
  • “ il y a le couscous, les spaghettis, le thé, le pain, mais je n’ai pas ce que vous demandez.”

On avaient tous un fusils dans le dos collé. Ils m’on descendu à la cave où j’ai vu des dizaines d’agents jusqu’en bas des escaliers puis des dizaines de camions noirs, voiture spéciale sans plaque et Mini bus de CRS qui entouraient tout le quartier ils étaient des centaines d’agents autour.

Puis toujours le fusil braqué dans le dos ils m’ont remonté. Puis il nous demande nos pièces d’identité et j’entends un qui dit

“oh les mecs on a fait une bavure on s’est planté”

Plus tard (Ndlr)

  • L’agent : “Qui vous fréquentez ?”
  • Moi :” je fréquente ma famille, les citoyens”

Pendant ce temps de 12 ans qui dormait dans son lit Ils l’ont sortit du lit ; Ils l’ont plaqué au sol avec les armes braquées sur les tempes en lui faisant très mal . Un agent l’a braqué aussi de 2h à 6h du matin sans la lâcher seul dans une chambre avec elle. Il l’avait fait asseoir sur un lit.

Puis ils allaient partir,” je leur ai dit vous n’avez pas de papier à me donner ?”
L’agent :” non” j’ai insisté puis je leur ai dit :” vous n’avez pas le droit de partir sans me laisser un document.”

"Notre vie s’est arrêtée à cette nuit-là, ils nous auraient tiré dessus ils nous auraient faits moins mal.

4 h de souffrances et de stupeurs. Nous avions l’impression que des terroristes avaient débarquée chez nous. Nous ne trouvons plus le sommeil.
Je dors 5 minutes et je revois cette nuit et j’entends les hurlements dans ma tête.
Ils nous ont détruits. Il s’est passé la même chose qu’a saint Denis chez moi, il y avait autant d’agents.

J’ai 63 ans, je n’oubliai jamais ce jour de toute ma vie.

L’humiliation devant les voisins musulmans ou non musulmans qui ne nous dissent plus bonjour depuis cette nuit la . Alors que j’avais d’excellents rapports avec mes voisins. Les gens nous voient ils tourner la tête. Comme si nous étions des terroristes.

Je me suis battu toute ma vie contre l’extrémisme.

J’ai toujours travaillé pour la France, aujourd’hui je suis usé fatigué et handicapé et j’ai vécu la résurrection dans ma maison ainsi que ma famille.

Si je pouvais j’irais n’importe où mais je ne resterai pas en France, je n’ai pas les moyens. Je suis pauvre.

Si je pouvais je me défendrais, et je porterai l’affaire devant les tribunaux pour nettoyer mon honneur.

Je suis un musulman simple, qui prie à la mosquée et qui se consacre aux autres."

Monsieur D.

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