Attaque islamophobe au pied de la tour Eiffel passée sous silence Enregistrer au format PDF

Posté le 20 octobre 2020 - 2102 visites

Le 18 octobre 2020 vers 19h50, une famille de confession musulmane a été agressée par deux femmes de type européen qui ont poignardé à plusieurs reprises ces touristes toulousaines, dont l’une portait le voile. Le mobile raciste et islamophobe ne semble faire aucun doute au vu du voile de la victime arraché et des insultes qui auraient proférées au moment de l’attaque : "rentrez chez vous, sales arabes".

Or, le communiqué de la préfecture de Paris, publié aujourd’hui, ne fait mention que d’une altercation à cause d’un chien non tenu en laisse, ignorant volontairement le fait que les victimes ont déclaré que des insultes racistes ont été proférées. Les huit coups de couteau qui ont été portés aux victimes doivent bénéficier de la caractéristique aggravante du mobile raciste et islamophobe.

Deux jours après cette violente agression, aucun média (à part Libération), aucune personnalité politique, ni imam de la république n’a encore dénoncé cette tentative de meurtre. L’une des victimes serait dans un état grave et pourtant, cette attaque ne suscite aucune émotion, ni indignation au moment où nous écrivons ces lignes.

C’est clairement une information que les médias et les services de l’Etat veulent passer sous silence.

Pourtant, une vidéo de l’agression circule depuis presque 48 heures sur les réseaux sociaux ainsi que le récépissé de la plainte déposée par les victimes. Une personne a été interpelée suite à l’intervention rapide de la police mais pas un média, pas la moindre personnalité politique n’a dénoncé cette attaque raciste qui a eu lieu au pied de la tour Eiffel dimanche dernier.

Pointés du doigt comme étant responsables de tout acte terroriste, les musulmans sont de plus en plus inquiets pour leur propre sécurité.

Nous craignons, en effet, que l’acte raciste de la Tour Eiffel ne soit que le début d’une purge lancée contre les musulmans de France et que leur sécurité ne soit pas la priorité des pouvoirs publics.

La Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie constate régulièrement que les actes islamophobes ne bénéficient pas du même traitement médiatique que les autres actes de violence. Nous le dénonçons aujourd’hui avec la plus grande force !

Les actes criminels touchant les musulmans sont régulièrement passés sous silence. Aucun représentant du gouvernement n’a, par exemple, condamné les incendies criminels et islamophobes des mosquées lyonnaises en août 2020. Aucun membre du gouvernement n’a fait le déplacement pour affirmer le soutien de la nation aux citoyens français musulmans, qui sont les oubliés des hommages nationaux. Tandis que, peu de temps après, quand une église de la région lyonnaise a été incendiée, c’est le Ministre de l’Intérieur en personne qui a fait le déplacement.

Pourquoi une telle différence de traitement ?

Nous n’avons pas à quémander la médiatisation des agressions islamophobes et nous exigeons la protection des français de confession musulmane par les services de l’Etat !

Nous avons déjà condamné toutes les formes de violence, d’où qu’elles viennent. Le terrorisme n’épargne d’ailleurs pas les musulmans, mais nous sommes inquiets de la multiplication des agressions islamophobes qui ne sont pas de nature à apaiser les tensions, d’autant que les hommes politiques avides d’existence n’arrêtent pas de promouvoir une forme de guerre civile par le biais de toutes leurs interventions télévisuelles qui visent à accuser la communauté musulmane.

Nous dénonçons cette prophétie autoréalisatrice qui leur permet de faire la une des journaux et de monter les français les uns contre les autres.

Des déséquilibrés se nourrissent de l’islamophobie systémique pour justifier leurs passages à l’acte. Se croyant en guerre contre les représentants de l’état, ces dégénérés se nourrissent des propositions de lois islamophobes et ne représentent biensûr qu’eux-mêmes.

De leur côté, au lieu de réunir les français et de jouer la carte de l’apaisement, nos gouvernants jouent le jeu des terroristes en prenant des positions plus stigmatisantes les unes que les autres.

Criminaliser le CCIF et BarakaCity, des associations qui font un travail d’utilité publique en défendant des victimes de racisme et en venant en aide aux plus démunis (le CCIF est une association reconnue par des instances internationales telles que l’ONU) ne fera qu’attiser les haines.

Pendant ce temps, des associations racistes et dangereuses telles que Génération Identitaire ne sont pas inquiétées alors que leurs militants ultraviolents ont déjà été condamnés par la justice.

La Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie est résolument aux côtés des toutes les victimes de la barbarie afin que la justice soit rendue, que les faits soient connus et reconnus, et que l’apaisement revienne dans ce pays.

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